Auvergne
L'Auvergne est d'une part une province historique et d'autre part une région administrative du centre de la France dans le Massif central. Ses habitants sont les Auvergnats. Le chef-lieu de la région administrative d'Auvergne est Clermont-Ferrand, également capitale historique des provinces d'Auvergne.
Telle une forteresse de montagnes et de volcans éteints, l'Auvergne s'élève sur le Massif central, semée de sources, de lacs et de pâturages d'altitude où paissent ses vaches rustiques. Formée par quatre départements : Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme, cette région du cœur de la France apparaît comme un vaste réservoir de nature.
Histoire
L'Auvergne doit son nom au peuple gaulois des Arvernes, puissante confédération des Gaules dont Vercingétorix était le roi au moment de l'invasion romaine. Son père, Celtillos, avait été élu à cette fonction avant lui et il avait été exécuté par ses compagnons pour avoir voulu la rendre héréditaire. Vercingétorix réussit en 53 - 52 av. J.-C. l'alliance de toutes les tribus celtes autour de lui, en obtenant des "otages" (fils ou filles de rois) de chaque tribu, garants de la fidélité et de l'alliance de ces tribus.
D'après les fouilles récentes des archéologues (émission radio d'Yves Calvi avec chercheurs, d'octobre 2007), la capitales des Arvernes aurait été située entre Gergovie, Corent, Aulnat et plusieurs autres sites significatifs dans un périmètre de 35 km, laissant extrapoler une population centrale de 150 000 habitants et de plus de 400 000 habitants pour le territoire contrôlé par les Arvernes, alliés des Cadurques (Cahors).
Les Arvernes étaient la tribu la plus riche de la Gaule antique du fait :
- de son relief montagneux qui en faisait un véritable château fort (ou coffre-fort), hors d'atteinte des différents envahisseurs ;
- de nombreuses mines d'or, d'argent et de métaux précieux (exploitées depuis 400 av. J.-C. au minimum) ;
- de ses pâturages de Hautes-Terres dans lesquels les seigneurs confiaient de nombreux troupeaux;
- de la maîtrise de la métallurgie et d'un artisanat complexe (Dans la Guerre des Gaules de César, Vercingétorix est décrit avec « une grande armure faite de nombreuses pièces d'argent assemblées et reflétant le soleil ») ; en particulier du travail du cuivre ;
- de la frappe de monnaies propres et de forts échanges avec les tribus voisines ;
- de la maîtrise de la céramique (ateliers à Lezoux , etc.) ;
- de leurs victoires sur des tribus voisines, tels les Éduens et des tribus vassalisées.
Un des hauts lieux historiques d'Auvergne est celui de la bataille de Gergovie, à quelques 12 km de Clermont-Ferrand, où Vercingétorix battit Jules César en 52 av. J.-C., avant de le poursuivre avec ses troupes.
La victoire romaine à Alésia (Alise-Sainte-Reine) en Bourgogne, suite à la construction de pièges et fortifications sur plusieurs centaines de mètres par les légionnaires romains, conduira à l'emprisonnement de Vercingétorix à Rome et à la création de la ville d'Augusto Nemetum (ancêtre de Clermont-Ferrand), probablement sur l'un des sites arvernes existants. On y a retrouvé récemment le pied de 60 cm d'une statue monumentale de 4,50 m, représentant probablement un dieu ou empereur romain.
Au Ve siècle, Sidoine Apollinaire, noble arverne et premier évêque de Clermont, fournit un témoignage sur l'Auvergne de la fin de l'Antiquité.
Au VIIe siècle, l'Auvergne est disputée entre Francs et Aquitains. Conquise par les Carolingiens, elle est intégrée un temps au royaume d'Aquitaine. Les comtes d'Auvergne, les Guilhemides vont lentement acquérir leur autonomie. Au Xe siècle, l'Auvergne fait l'objet de la rivalité entre les comtes de Poitiers et de Toulouse.
Le comté d'Auvergne couvre au Moyen Age les actuels départements du Puy-de-Dôme et du Cantal ainsi que le tiers oriental de la Haute Loire avec Brioude.
L’Auvergne connaît un régime féodal très dur, synonyme d’émiettement du pouvoir politique. L’évêque de Clermont soustrait sa ville à l’autorité des comtes qui favorisent du coup le développement de Montferrand toute proche. Plus tard, une usurpation du pouvoir comtal aboutit à la création par le comte légitime dépossédé d’un Dauphiné d’Auvergne indépendant du comté.
Tôt cependant, le pouvoir royal intervient dans la région. Philippe Auguste rattache la plus grande partie du comté au domaine royal : la terre royale d’Auvergne prend désormais pour centre administratif Riom. Restant dans le giron de la famille capétienne, l’Auvergne devient un duché donné en apanage à Jean de Berry (1360) qui l’apporte par sa fille aux ducs de Bourbons, princes du sang bien intégrés dans l’entourage royal. Les ducs de Bourbon acquièrent par mariage le Dauphiné d’Auvergne. Tous leurs domaines sont finalement confisqués par François Ier (1527).
Philippe Auguste n’avait pu complètement soumettre la région : le comte s’était maintenu à Vic Le Comte. La reine de France Catherine de Médicis hérite par sa mère du dernier réduit du comté, ce qui permet l’intégration au domaine royal de ce dernier fief féodal en plein cœur de l’Auvergne.
En 1665, Louis XIV instaure un tribunal d'exception temporaire, les Grands Jours d'Auvergne, ce qui donne encore l'occasion de condamner un certain nombre d'abus commis par les nobliaux de la région.
En 1790, la province historique disparaît comme entité administrative.
Plus tard, à partir de la Quatrième République, la France se dote de nouvelles structures intermédiaires entre l'échelon départemental et l'échelon national, ces entités deviennent officiellement à partir de 1972 des régions. La région administrative Auvergne, plus grande que l'ancienne province, est alors constituée des quatre départements situés directement dans la zone d'influence économique de Clermont-Ferrand:
- l'Allier ;
- le Cantal ;
- la Haute-Loire ;
- le Puy-de-Dôme.
Le Cantal et une partie du Puy-de-Dôme correspondent à l'ancienne province des Montagnes, ou de Haute-Auvergne. L'Allier correspond grosso modo à la province historique du Bourbonnais, La Haute-Loire inclut le Velay de l'ancienne province du Languedoc. La région recouvre également une partie des terres du Lyonnais.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Vichy fut le siège du gouvernement de l'État français.
Économie
Malgré son faible marché local, la région d'Auvergne a développé de nombreux champions nationaux et internationaux, tels que Michelin, Limagrain (semences), le groupe Centre-France-La Montagne (presse quotidienne régionale), l'eau minérale Volvic (groupe Danone)et de nombreuses PME dynamiques autour des deux universités et des grandes écoles (ingénieurs, médecins et école de commerce) de sa capitale, Clermont-Ferrand.
La plupart de ces champions exportent plus de 75% de leur production dans le monde entier.
Industrie
L'Auvergne est une région relativement industrielle, puisque la part de l'industrie dans la population active y représente 22 % (110 000 emplois) contre 18 % pour la moyenne nationale.
La principale industrie auvergnate est le secteur des pneumatiques, représenté par Michelin, leader mondial du secteur, dont le siège social et historique est situé à Clermont-Ferrand, par Kleber, et par SUMITOMO-Dunlop, implanté à Montluçon.
Un tissu diversifié de petites industries : métallurgiques (Aubert et Duval), mécaniques, pharmaceutiques (MSD-Chibret), agroalimentaires (céréales, viande (salers, limousine), fromages (saint-nectaire, chèvres, bleus d'Auvergne), eaux minérales, etc.) existe dans la région, notamment dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire.
On peut citer la coutellerie à Thiers, la métallurgie à Issoire, la dentellerie au Puy et l'élevage ainsi que l'agroalimentaire dans le Cantal.
L'Auvergne est également l'un des premiers pôles de recherche en France avec + de 8 000 chercheurs, dans les domaines de la chimie, des pneumatiques, de l'acier, des sciences médicales et pharmaceutiques, dans la recherche agronomique, dans les biotechnologies, sismologie, météorologie...
L'agroalimentaire, avec ses branches eaux minérales, produits laitiers, produits carnés, sylviculture, miels, confitures et fruits confits... compte plus de 12 000 salariés.
Tourisme
L'Auvergne bénéficie de sources abondantes et riches en sels minéraux, dont plusieurs sont commercialisées. La plus connue d'entre elles est à Volvic, dont la marque éponyme appuie notamment sa stratégie publicitaire sur le patrimoine géologique de la région.
Vichy, sous l'impulsion de Napoléon III est devenue à partir du milieu du XIXe siècle "la Reine des villes d'eaux".
La station thermale de La Bourboule dans le Puy-de-Dôme, crée en 1875 suite à la découverte des eaux thermales, fut un centre touristique d'importance, notamment autour de 1900, lorsque 10 000 curistes y venaient chaque année. La fréquentation est aujourd'hui bien plus faible.
Le tourisme vert se développe dans la région et notamment au sein du Parc naturel régional des volcans d'Auvergne.
Vulcania, parc de loisirs centré sur le volcanisme, est une attraction touristique ouverte en février 2002 qui reçoit chaque année plus de 300 000 visiteurs. Dans le département de l'Allier, vers Dompierre-sur-Besbre, Le Pal attire également plus de 300 000 visiteurs par an en combinant les équipements d'un parc de loisirs et d'un grand parc animalier.
La région compte plusieurs stations de ski alpin, dont les principales sont Super-Besse et Le Mont-Dore dans le massif du Sancy, et Super Lioran sur le massif cantalien. Mais l'Auvergne dispose également de plusieurs domaines dédiés au ski de fond comme le Guéry.
"L'Aventure Michelin", nouvel espace patrimonial de la marque, a été inauguré le 23 janvier 2009 par Michel Rollier, co-gérant de Michelin. Situé sur le site historique de Cataroux à Clermont-Ferrand, les visiteurs peuvent découvrir les 2000 m² dédiés à l'histoire du Groupe, de ses Hommes et de ses innovations.
Au total, la région dénombre plus de 170 000 lits touristiques marchands, principalement en campings, hôtels et meublés de tourisme, et 410 000 lits en résidences secondaires.
Chaque année, la région enregistre environ 10 à 11 millions de nuitées dans les hébergements marchands, 5 à 6 millions de nuitées en résidences secondaires, et 10 à 12 millions de nuitées réalisées chez des parents ou amis.
Selon les travaux conduits par S.P.O.T. Auvergne (Observatoire régional du tourisme), cette clientèle touristique en séjour apporte annuellement entre 1,2 et 1,3 milliards d'euros dans l'économie régionale. La consommation touristique totale se situe entre 2,5 et 2,8 milliards d'euros, représentant plus de 7 % du Produit Intérieur Brut régional.
L'Auvergne représente globalement entre 2.5 et 3 % de part de marchés dans l'activité touristique nationale et totalise entre 12 000 et 25 000 emplois salariés liés au tourisme selon les mois, en raison de la forte saisonnalité.
Transports
L'achèvement de la construction des axes autoroutiers nord-sud (Paris-Montpellier-Espagne) et est-ouest (Bordeaux-Lyon-Genève,autoroutes A71, A75, et A89), se croisant à Clermont-Ferrand, permet désormais de relier toutes les grandes métropoles nationales. Le seul chaînon manquant vers la méditerranée (à 2h45) a été ouvert récemment : Le Viaduc de Millau, avec le retentissement que tout le monde connaît.
La qualité des routes est excellente sur tout le réseau des nationales et départementales et permet de relier Paris à Clermont-Ferrand en 3h30.
De même l'électrification et l'amélioration de la ligne SNCF Paris-Clermont-Ferrand, et la mise en service du matériel « Téoz » en septembre 2003, permet de mettre Clermont à 3h30 de Paris (trains directs).
L'Aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne accueille le hub régional d'Air Franceet a dépassé en 2003 le cap d'un million de passagers annuels. Il est cependant dommage que ce désenclavement se limite essentiellement à la vallée de l'Allier au nord et qu'aucune LGV ne soit prévue à l'horizon 2012.
L'amélioration de la ligne Clermont-Lyon devrait permettre à l'Auvergne de bénéficier des avantages de la gare de la Part-Dieu pour l'accès à la LGV Méditerranée et aux futures lignes Rhin-Rhône et Transalpine. Le Conseil régional d'Auvergne soutient le projet de Transversale Alpes Auvergne Atlantique porté par l'association ALTRO. Depuis le 1er janvier 2002, la région gère le service TER régional dans le cadre d'une convention avec la SNCF. Les dessertes de la banlieue de Clermont ont été étoffées sensiblement (la cadence étant de 15 minutes dans la première couronne).
Aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne
L’aéroport de Clermont-Ferrand/Auvergne (code AITA : CFE ; code OACI : LFLC) est situé sur la commune d’Aulnat près de la ville de Clermont-Ferrand, dans le département du Puy-de-Dôme en France.
Il est ouvert au trafic national et international commercial, régulier ou non, aux avions privés, aux IFR et aux VFR.
L'aérogare a une surface de 32 000 m², il comporte également 90 000 m² de parking. Les pistes ont une longueur cumulée de 5000 m. L'effectif des salariés est de 176 personnes.
En 2005, L'aéroport a assuré le transport de 592 370 voyageurs, de 841 tonnes de fret et 3 746 tonnes de fret postal.
Depuis le 1er janvier 2007, l'aéroport est propriété d'un syndicat mixte composé du Conseil régional d'Auvergne, de Clermont Communauté et du Conseil général du Puy-de-Dôme[1]. Il est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Clermont-Ferrand / Issoire.
Depuis le 1er janvier 2008, Le Syndicat Mixte de l’Aéroport de Clermont-Ferrand/Auvergne (composé du Conseil régional d’Auvergne, de Clermont communauté et du Conseil général du Puy-de-Dôme) vient d’attribuer l’exploitation de l’aéroport de Clermont-Ferrand/Auvergne au groupement constitué à parité de VINCI Airports et de KEOLIS Airport, déjà partenaires dans le cadre de l’exploitation des aéroports de Grenoble et de Chambéry.